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L’oiseau

17627e jour, par JC Sekinger

Mes yeux étaient fermés, je me laissais dériver dans la lumineuse obscurité du sommeil quand j’ai été vivement ramené à la chambre et contraint d’ouvrir les yeux par un pépiement très sonore, impérieusement répété.

Je me redressais lentement et me tournais vers le jour, un peu hébété.

c’était un oiseau qui, cherchant à tenir au bord étroit de la fenêtre, battait des ailes au soleil − rémiges translucides et dorées.

Je compris alors d’où venait ce léger heurtement [1] que j’avais perçu sans le remarquer : l’oiseau tapait du bec contre la vitre, comme on frappe à une porte, index replié.

Je me levai pour lui ouvrir et lui demander ce qu’il voulait mais, comme s’il regrettait sa témérité, il s’est envolé.


[1« Je fais une grande différence entre le concours des voyelles et le heurtement des voyelles ; il y a longtemps que je vous aime : cet il y a est fort doux ; il alla à Arles est un heurtement affreux ». (Voltaire, Correspondance)

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