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De celui des nuages

17617e jour, par JC Sekinger

Quelque chose n’allait pas entre le ciel et la terre. Plus exactement entre la lointaine flottille des nuages, lente et silencieuse, et la sombre échancrure des murs et des toits, de part et d’autre de Z.

Le ciel passait haut, gris et doux dans l’ouverture immobile et dure, lignes des corniches, bandes de rive en zinc, concourant décidément vers un point de l’invisible ligne d’horizon, à la hauteur des yeux de Z − toujours à leur hauteur. Un matin, il s’était accroupi sur la plage pour vérifier, accordant son mouvement à la lenteur du ciel : la courbe du monde était lentement descendue, pesant doucement sur la mer.

Les maisons écrêtaient fermement les deux fuyantes d’un trapèze symétrique à celui de la rue et tentaient d’y retenir l’insaisissable, d’y cloturer l’interminable ciel. Z avait beau regarder du zénith à la foule qui entrait et sortait de son regard − paupières et front plissés − il ne voyait aucun lien entre ciel et maisons : ils ne semblaient simplement pas être du même monde et Z était indiscutablement de celui des nuages.

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