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Accueillir dans la vision

16323e jour, par JC Sekinger

J’ai vu une petite peinture à l’huile qui représentait un paysage. Un chemin, un arbre. Rien d’exceptionnel dans ce paysage mais il m’a tout de suite attiré par une particularité : des angles et bords plus sombres. Ce qu’on appelle « vignetage » en photographie et qui est assez généralement considéré comme une « aberration » [1]. Que ce paysage ait été peint d’après une photographie ne m’a pas du tout effleuré. Ce qui m’a attiré immédiatement c’est l’assombrissement des bords du tableau : la disparition progressive de l’image du centre vers sa périphérie. Il y a quelque chose comme ça dans la vision : une disparition progressive de l’image aux indéfinissables limites du champs visuel.

Le vignetage d’une image en rend le cadre moins occlusif tout en attirant l’attention sur son centre. Comme le regard, sans limites et toujours centré. Je comprends maintenant pourquoi j’aimais si souvent les photos faites avec mon Palm Zire 71® : un peu floues, un peu déformées, couleurs incertaines et vignetage ! Ces photos montraient assez bien ce que je vois, comme je le vois. C’est d’ailleurs avec ces photos que j’ai réalisé que chacun, en les regardant, prenait la place du photographe ou que, en montrant ses photos, le photographe accueillait le spectateur dans sa vision.


[1En photographie, le vignetage est l’assombrissement de la périphérie d’une image provoqué soit par une insuffisance de l’objectif photographique, soit par l’utilisation d’un objectif dont le cercle-image ne couvre pas totalement le format du film. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vignetage

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