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Ces semaines-là

18223e jour, par JC Sekinger

Dans le calendrier il y a des semaines paires et des semaines impaires. C’est une surcouche de convention qui ne concerne que les les prévoyants et autres avisés qui savent combien de semaines il y a dans une année.

365÷7=53,571428571. Un bout de semaine ça compte pour une semaine entière. La semaine 1 a commencé cette année un mercredi. Je n’en sais pas plus.

Je suis un ex-mari vous savez. J’ai des tas de décisions à prendre avec mon ex-épouse car nous avons deux enfants.

Elle est très organisée. Moi, j’ai l’esprit d’escalier tortueux et spiralé.

Mon ex-femme, et un peu moi d’une certaine façon, avons décidé que je gardais les enfants les week-ends des semaines impaires. J’étais gêné sans savoir pourquoi. Je ne savais pas quoi contester. Mon agenda n’étant pas pré-rempli. Longtemps après, toujours sans comprendre, j’ai demandé à mon ex-femme d’intervertir. Trop tard pour elle, trop flou pour moi.

Mais deux ans plus tard, j’arrive à penser cette gêne : Passons sur le fait que « commettre un impair » semble un peu négatif ; « impair », je l’entends avant de le voir  : « un père ». Ça pourrait aller. Je suis avec les enfants les fins de semaines « un père ». Mais qui s’en occupe les semaines « père », la mère ? Ça ne va pas du tout ! Incompréhensible !

« Im » est dans « impair » un préfixe privatif. Comme dans « impossible », « imparfait », « impensable », « impersonnel », « impertinent », « impatient », etc (je n’ai pris en exemple que des mots dont le préfixe se termine avec un m car il est suivi d’un p mais c’est aussi vrai dans « irréel », « irresponsable », « irrespectueux », etc.).

Maintenant, j’entends « impair » comme « impère » : il y a les semaines « père » et les semaines « impère » ces semaines impossibles où il n’est pas possible d’être père. L’ennui , c’est que j’ai les enfants ces semaines-là.

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