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Un point en Lui

16572e jour, par JC Sekinger

  1. On dit sommeil quand les yeux sont fermés et la respiration très lente ; on dit veille quand les yeux sont ouverts et la respiration rapide. Mais l’inverse arrivant aussi, qu’est-ce qui différencierait donc le sommeil de la veille ?
  2. On ne sort pas de ses rêves en se réveillant.
  3. On remplace l’espace du sommeil, pauvre en objets, par celui ‒ dense, anguleux, mouvant et coloré ‒ de la veille : il y a plus de choses dans la rue que dans la chambre.
  4. Ce qu’on appelle « rêve » dans le sommeil, on l’appelle « intellection », « mémoire » ou « imagination », dans la veille.
  5. Des gens occupés à des activités sérieuses durant la veille, prétendent qu’alors ils ne rêvent pas : ils ne rêveraient que lorsqu’ils dorment ; ils se trompent : les objets durant la veille compriment le rêve qui ne s’écoule plus que goutte à goutte et dans un ordre souvent strict et prévisible, mais le rêve continue.
  6. Nous sommes fascinés par nos rêves, accrochés à eux comme aux débris d’une épave : nous pensons que nous ne pouvons vivre sans eux.
  7. En cessant de rêver, nous ne sommes plus dans le temps ; on pourrait donc dire qu’on ne cesse jamais de rêver car « cesser » n’existe que dans le temps : Ce-qui-commence quand le rêve cesse, ne commence pas car le temps n’est rien d’autre qu’un point en Lui.

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