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Test de la douleur

17120e jour, par JC Sekinger

Il y a dix ans, il errait dans le coma. Il ne respirait même pas. Des machines lui soufflaient l’air que son corps réclamait. Lui, dormait sans le laisser paraître et ne réclamait rien.

Une fois, un aide-soignant — était-ce une femme ? — lui avait violemment tordu un mamelon. Il n’a pas cherché depuis, à savoir si ce « test de la douleur », censé évaluer la « profondeur » du coma, ce « geste médical », avait dû être exécuté plusieurs fois.

Ce matin, encore allongé et juste avant d’ouvrir les yeux, il s’est dit qu’on devrait mettre en place un protocole de test différent : par exemple, un « test du bien-être » qui consisterait en douceurs, caresses et baisers, ou, plus directement, un « test du vouloir-vivre [1] » qui signifierait autant tout en apaisant les uns et les autres, en les traversant de bonheur. Car comment la douleur pourrait-elle donner envie de vivre ?


[1cf la métaphysique de l’amour sexuel, Schopenhauer

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