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Sur le rêve encore

16532e jour, par JC Sekinger

Il y a neuf ans, j’étais dans le coma et je rêvais. D’ordinaire, quand on fait un cauchemar, on se réveille mais si on est gelé dans le coma, on ne se réveille pas : le rêve s’étend donc sans fin et, par conséquent, plus rien ne le distingue de la veille.

Depuis neuf ans donc, et cela ricoche sur les plus raisonnables de mes proches, je ne vois plus du tout ce qui pourrait distinguer la veille du rêve. Avant elle me saisissait, eau plus froide que l’eau de tous les rêves et je croyais qu’il me suffisait de ne plus dormir pour être réveillé.

Il m’est arrivé de dire quelques fois combien je doutais de la densité de la réalité : soit on m’a regardé avec des yeux ronds et vaguement inquiets, soit on a cherché des explications psychologiques à ce qu’il fallait bien appeler une conséquence médicale, un aléa thérapeutique, mais jamais on ne m’a dit ce que j’attendais : « ah ben ouais, le rêve et la veille, c’est juste organisé différemment, c’est pas la réalité ».

Alors quand j’ai lu « L’état de veille est long, l’état de rêve est court ; il n’y a pas d’autre différence. », j’ai victorieusement sauté de ma chaise !

Maintenant, je peux vous le demander : quand vous ne dormez plus, êtes-vous bien sûr de ne pas encore rêver ? Et comment en êtes-vous sûr ?

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