[ailleurslatete]

Accueil / Aperçus / Pognon, regard

Pognon, regard

16742e jour, par JC Sekinger

Artistes, une des premières questions qui vous soit posée n’est-elle pas vivez-vous de votre art ?
Être un artiste, ou faire l’artiste, ce n’est pas seulement « exposer » ou « vivre de son art » comme on dit pour parler pognon. Bien sûr, si tel artiste est intégré dans cette économie et même si on ne comprend rien à ce qu’il fait, même si, à la limite, on trouve ça révoltant ou affreux, dès lors que ce qu’il fait est validé par La Sainte Origine qu’est l’Art et l’inévitable fin qu’est le pognon, c’est acceptable et presque rassurant de s’incliner devant un grand-duc qui ne veut pas passer pour un imbécile en reconnaissant sa nudité ! Et voilà le panier où les égos se débattent, voilà la longue liste des cliquetis.

Le pognon, mal nécessaire ? Les artistes qui le prétendent sont des hypocrites. Bien sûr, tous ne le prétendent pas : il y a ceux, entre autres, qui se gardent bien d’aborder la question et en profitent juste pour acheter un yacht. D’aucuns trouvent d’ailleurs, les yeux brillant, qu’ils sont géniaux.

Or

Ce qui fait la valeur d’une œuvre d’art n’est pas le pognon mais le regard.

Maintenant, je vais parler de peinture. L’art, ça n’est pas seulement, loin s’en faut, la peinture (car elle est vraiment longue la liste des cliquetis). Mais la peinture, c’est ce que je connais le mieux. Ce que je vais en dire cependant, vaut pour n’importe quelle forme d’art :

La peinture est une métaphore du regard : Rien d’autre, en effet, ne la distingue des murs auxquels on l’accroche.

, , , , ,