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Peindre d’après photo

15774e jour, par JC Sekinger

Il y a de belles photos, utiles aussi, mais j’ai toujours refusé de dessiner d’après une photo. Ou, pour le dire moins brutalement, j’ai toujours préféré voir directement le modèle plutôt que d’essayer de le faire par dessus l’épaule d’un photographe. Le « voir directement » veut dire : accepter qu’il vive, le mesurer à bout de bras, l’attendre, sentir son parfum ou sa chaleur, l’écouter, lui parler... Je ne voulais pas « faire le portrait d’une photo ». Je me suis parfois servi de photos mais sans chercher à évoquer autre chose qu’un souvenir ou en incluant la photo, comme objet, dans le dessin.

Pourquoi y a t-il très souvent une raideur dans les dessins d’après photo ? Parce qu’alors le peintre aura considéré ce modèle comme un objectif (oubliez le jeu de mot) et non comme un prétexte et il sera resté aussi machinal que la machine. Dessiner d’après une photo suppose qu’on regarde derrière elle et qu’on la vivifie.

Mais qui dira l’intimidant et vigoureux bonheur d’être entouré par son modèle ?

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La plupart des peintres,
 
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parce que c’est plus commode,
 
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commencent
par copier une photo.
 
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Oui, mais ce qui
est merveilleux,
 
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c’est d’être à côté de l’arbre.
 
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Pour moi, c’est bien plus
important que le résultat.

Antonio López
dans El sol del membrillo de Víctor Erice (1992)


Voir en ligne : Sur le site de l’Atelier Quatre choses


Je sais que des peintres se servent de photographies et s’en servent avec de bonnes raisons (oui, c’est à toi que je pense). Quand ce procédé a été inventé, il a beaucoup et bien servi Degas... Mais ceux-là me font quand même penser au Géographe du Petit Prince qui se fait décrire les pays lointains sans jamais y aller...

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