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Lettre à une mère

16470e jour

Maintenant je vais être volontairement désagréable : vous n’avez rien compris à ce que j’ai écrit et probablement baissé les bras devant l’effort de le comprendre, aveuglée par ce qui vous aura semblé accusateur. Mais relisez donc ! je ne vous ai accusé de rien ! Maintenant, je suis contraint d’admettre que la servilité des enfants cassés les empêche de réfléchir, les privant d’indépendance d’esprit et de lucidité ! Par chance, j’ai pu esquiver vos coups avant d’être définitivement anéanti : grâce au recours aux forêts qui m’a protégé de vous, grâce aux rêves. J’ai pu, chaque année qui me séparait de la maison maternelle, fuir un peu plus loin et me construire un peu moins faible. Je ne suis pas très avancé aujourd’hui, mais ce que vous me reprochez sottement de n’avoir jamais terminé, ce que j’ai pourtant fait, je l’ai entrepris et fait malgré vous, malgré votre méchante sottise et la rigidité de votre sens du devoir. Tout ce que je suis heureux d’avoir appris, je l’ai appris malgré vous. Comprenez-bien : Il n’est rien que je sois fier d’avoir appris de vous et je m’efforce toujours d’effacer, sitôt que j’en vois une, toute tache de vous sur mon cœur.

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