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Les idées sont parfaites dans la ténuité

19568e jour, par JC Sekinger

Les idées sont parfaites dans la ténuité du demi-sommeil ; il faut les saisir avant qu’elles ne disparaissent.

J’ai songé mille choses depuis hier soir. Songé mille choses dans la pénombre. Peu dormi.

Je ne surinvestis pas mes relations avec les autres : je les vis intensément.

Je me vois aussi comme un de ces autres, mais j’évite.

Ces relations sont tridimensionnelles :

  1. un axe me traverse et vient de l’autre qu’il traverse également. L’axe Y. Cette relation est matérialisée par un segment de cet axe. Cet axe porte le concret de la relation : ce qui est dit, ce qui est fait, ce qui est tu, retenu, offert… Les regards, les mots, la voix, les attitudes (mouvements de tête, de mains, du corps entier…) L’impact de cette relation dans ma vie, son sillage, ses lumières et ombres, la marque brûlante qu’elle y laisse, trace dans la neige. J’enregistre tout ce concret comme un sismographe : c’est la magie. Elle me traverse. Marque brûlante et magique. Je ne peux parler de cette dimension concrète qu’avec la magie.
  2. un autre axe me fait face, celui-là, dans sa largeur. L’axe X. Je ne vois la relation que dans une partie de sa largeur, de son ampleur : ce qu’elle implique, ce qui s’en dit, par l’autre, par moi, par les autres. Leçons, façons. Discours. Ce que je dois retenir. Ce que je dois comprendre. Commerce. C’est la dimension abstraite, logique et causale de la relation. Morale aussi, et sociale.
  3. un dernier axe enfin, vertical. L’axe Z. Ce double vecteur déploie la dimension spirituelle de la relation : vers l’absolument haut, vers l’absolument bas. C’est merveilleux et merveilleusement immobile.

Peu dormi disais-je. Je me suis demandé si, en s’adressant à eux, elle prononçait le prénom de ses proches. Il ne me semble pas. Mais il faut que je le lui demande. Ce qui m’a amené à me poser cette question, c’est (comme je le remarquais hier) qu’elle ne me dit jamais, ni n’écrit, mon prénom. Deux remarques possibles —ai-je alors songé :

  1. elle connaît la puissance incantatoire de certains mots et — dans certaines circonstances — évite de les prononcer (ce qui est prudent, sage).
  2. Elle ne le fait que pour parler des autres, pas pour leur parler (elle n’en a pas l’habitude).

Il fait encore nuit (par ailleurs).


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