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La lumière dans la brume

17836e jour, par JC Sekinger

Nous ne comprenons presque rien du fonctionnement de notre corps : il nous dirige le plus souvent et le pire est qu’à un certain moment, il cessera de fonctionner et se déconstruira !

Ce corps humain, nous y sommes entrés, il s’assemblait alors dans la pénombre rouge du ventre de notre mère. Puis, ensemble, nous avons fait irruption dans l’air et maintenant, ce corps, il faut le vivre.

Où en sont les limites  ? Ce ne sont même pas celles de l’air. Ce ne sont pas non plus celles des étoiles. Regardez : la physique dit qu’en voyant plus loin, nous voyons plus tôt : le soleil se montre comme il était il y a huit minutes, Proxima Centauri comme elle était il y a quatre ans, LHS 288, de la constellation de La Carène, brille comme elle le faisait il y a presque 16 ans, l’étoile α du Taureau, Aldebaran, géante rouge, a peut-être disparu il y a 61 ans mais nous la voyons encore... plus loin, plus loin, il y a toujours plus longtemps, de millions en milliards d’années de voyage à contre-courant de la lumière. Jusqu’à son inconnaissable source, l’apparition des corps, des corps célestes, fragments incandescents du fond d’or de l’univers.

L’or n’est pas devant nous, trésor à atteindre, mais derrière ! Car cet or est l’origine de notre corps, il nous irrigue et nous grandit.

La peau des fruits est aussi notre peau, l’écorce des arbres est aussi la nôtre, et son ombre, et la mort de ses feuilles. La douceur du corps de l’aimée est aussi la douceur du nôtre, corps célestes que l’amour traverse : l’or s’y diffuse comme la lumière dans la brume.


En logo : « Vierge du couronnement », Vitale da Bologna (Vitale di Almo de’ Cavalli ou Vitale degli Equi, peintre du Trecento)