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L’eau saisissante

18037e jour, par JC Sekinger

Ça me manque ces conversations dont la profondeur se voit à la surface, comme à celle des lacs de montagne. Les conversations légères et graves à la fois. Ces conversations dans lesquelles nager et plonger, leur eau saisissante

Me manque aussi un chez-moi. J’ai un appartement, j’en paie le loyer. Ainsi j’y mets mon lit, des livres, j’y reçois mes enfants, j’y mange assis. Mais c’est une sorte d’hôtel..

« Bien des gens n’ont pas la chance que tu as ! », certes, mais bien des gens ont aussi cette « chance » que je n’ai pas. Je trouve idiot de comparer son existence à celle des autres.

Je connais le haut de mes rêves mais je ne sais pas trop ce que j’ai à faire.

Ne pas oublier. Fait-on encore un nœud à son mouchoir ? J’ai un mouchoir en tissu. Je n’ai pas besoin de le nouer : sa seule présence me rappelle l’importance et la douceur de vivre. J’ai mis dessus une goutte du parfum de celle que j’aime et, vaguement plié, il est doux sur ma bouche et mon cœur s’apaise, et mon âme.

Celle que j’aime est aussi loin que l’eau saisissante d’un lac de montagne.