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Je cherche un autre métier

16694e jour, par JC Sekinger

Introduction

Pas la peine de venir à la maison dans l’espoir d’acheter des croissants, je n’en fais pas. Pour les tableaux ou les dessins, c’est un peu différent : j’en fais mais ils ne sont pas plus à vendre et si, comme le dit à peu près Nathalie Heinich, un artiste raté, c’est un artiste dont on ne voit pas ce qu’il fait... alors oui : Je suis un artiste raté ! Mais soyons précis : ce que je peins (ou dessine) peut quand même être vu, en cherchant un peu [1], et il m’est même arrivé de le vendre, mais je l’ai presque toujours fait hors des endroits où, conventionnellement, se voit et se vend l’art. Ne croyez pas que ça soit par provocation ou par snobisme ! Ceux qui me connaissent savent bien que je ne suis pas comme ça.

Je ne suis pas un artiste professionnel

Je connais assez bien les moyens cognitifs et techniques de la « production d’œuvres d’art » [2] mais je ne suis vraiment pas régulier - imaginez un genre de boulanger qui ne ferait un croissant que de temps en temps ! - et surtout, je ne connais rien à la « médiation culturelle » : je ne lis aucun journal, je ne regarde pas la télévision et n’écoute pas la radio plus de 10 secondes tous les deux ou trois jours (je l’éteins, agacé), je ne fréquente pas les lieux consacrés à l’art [3] et je ne m’intéresse pas aux formes d’art pour elles-même.

Je ne suis pas un artiste amateur

Oui j’ai cru être artiste, je l’ai cru trente ans, j’ai un atelier qui ressemble à un atelier mais ça n’est pas mon métier. Contrairement à ce que j’ai parfois cru, je ne suis pas non plus un artiste (peintre) « du dimanche » : je peux peindre n’importe quel jour. Le fait que je ne sois pas professionnel ne fait pas non plus de moi un amateur ; peut-être un dilettante, parfois velléitaire, mais pas un amateur. Je ne suis même pas amateur d’art.

Conclusion

Je fais des peintures, toujours aussi imprévisiblement, des dessins aussi, mais la peinture ou le dessin ne m’intéressent que dans la mesure où ils désignent toujours le lieu d’où je regarde, qui est aussi celui où tu te tiens, où le monde se tient. Enfin, je cherche un autre métier.


[1Ne serait-ce que parmi ces pages

[2Ceux de la peinture « d’après-nature » du moins : c’est un langage que j’aime depuis longtemps

[3Le dernier musée dans lequel je sois entré, seul et poussé par une certaine sorte de hasard qu’on nomme "destin", fut pour moi l’occasion de voir des pierres taillées, des carrelages gallo-romains et un grand ours en bois

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