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Expérience alimentaire

15765e jour, par JC Sekinger

Où je me décide à évoquer cette expérience et à décrire ses principales conséquences.

J’ai fait l’expérience, entre 1987 et 1990, de ce qui s’appelait « instinctothérapie » ou « instinctonutrition ». Je ne répèterai pas ici les justifications, explications et postulats de cette pratique : la littérature abonde sur le sujet et vous trouverez facilement, sur Internet, de quoi la comprendre assez. Le meilleur comme le pire. Je ne commenterai pas non plus les innombrables critiques plus ou moins honnêtes et plus ou moins effrayées, voire effrayantes, émises à son sujet, ni les fils de discussions interminables, injurieux, illuminés, poétiques, techniques, savants, dubitatifs...

Il s’agissait, c’est le seul fait que je préciserai ici, de manger cru (cette notion doit être nuancée) en prenant en compte certaines alliesthésies olfactive et gustatives... et tout cela, bien qu’enfoui profondément, est fonctionnel, d’une merveilleuse et implacable efficacité !

Voilà, pour les évidences.

Cette expérience a profondément changé ma vie. La relation que j’ai avec la nature, avec ma nature, s’est trouvée dans une perspective qui m’a soudain permis de la connaître : je devinais le point de vue qui me permettait de comprendre la gigantesque anamorphose de ma vie. Mes croyances, mes doutes, mes attentes, tout était bouleversé : il m’était devenu presqu’impossible de croire, de douter ou d’attendre quoi que ce soit.

Pourquoi avoir décidé de mettre fin à cette aventure ? Je ne l’ai pas décidé, je suis tombé. C’est ce « presque rien », ce qui faisait que je devinais plutôt que je ne connaissais, ce qui a fait qu’à aucun moment je n’ai complètement cessé d’être accroché à des croyances, c’est cette infime incertitude qui m’a fait renoncer, trébucher et préférer l’exil où je suis aujourd’hui et d’où je vous écris.

Voilà pour les conséquences.


Voir, entre autres, les textes de Dominique Guyaux, Les jardins d’Edena de Moebius (Jean Giraud) et la synthèse d’André Paillet.

Je vous laisse chercher.