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Douce

17221e jour, par JC Sekinger

J’ai vu des objets de Douce Lartigue, il y a quelques jours (semaines ?). Sous la tente de Christophe Massé, invitée par la sérieuse et joyeuse Marlaine Bournel. J’ai touché des objets de Douce Lartigue. Je ne les ai pas laissé me toucher. J’ai lu sa biographie et j’ai eu des frissons : elle disait le rapport entre ses objets à toucher, à connaitre et aimer par le toucher — doudous, livres — et le fait de n’avoir pas été touchée les deux premières années de son existence.

Depuis cette lecture, je suis troublé, vue brouillée. Je n’ai pas non plus été touché lors de ces deux premières années. Ni vraiment après. En tout cas, pas de ce toucher qui rassure et assure de l’existence, de ce toucher qui murmure : « bienvenu », « je t’aime » ; en tous cas, jamais assez.

Voilà ce qui me brûle ! De ma mère, j’ai l’impression de n’avoir reçu que des gifles : je ne me rappelle que ces brûlures de tout. Et depuis le handicap de mon corps, le manque est devenu terrible, je suis emmuré dans la brûlure.

Toucher, toucher, toucher, être reconnu, nu, se reconnaître, reconnaître l’enfant (d’une main je couvrais presque le dos de ce petit garçon avant qu’il ne descende dans l’air et dans les jours)

Ça n’est pas le corps qui est touché : la douceur apparait dans l’âme et s’y déploie, elle survient comme une source ou un nuage.