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De notre solitude et notre unicité

18457e jour, par JC Sekinger

Il m’est apparu − nous parlions − que les mots par chacun prononcés, depuis le premier cri, jusqu’à ceux d’aujourd’hui, en passant (fil de collier) par le babil et les murmures, forment une seule longue phrase.

Modulée, effondrée, victorieuse, interrompue, reprise.

Un jour, j’entends quelques mots de la tienne, et puis tu te détournes et parles à d’autres : Cette phrase continue sur le fil de ton souffle mais je ne l’entends plus, j’entends le mot « silence ».

Quand je me tais, la phrase continue dans ma tête, et quand je dors, dans mon rêve. Le temps disparaît au milieu du songe et cette absence est insensible : il faudrait du temps pour la deviner mais il a disparu et le dernier mot touche le premier.

Elle commence par un souffle et finira dans un souffle, cette seule longue phrase où les mots sont liés les uns aux autres sans que personne ne sache comment, ni pourquoi : La phrase de notre solitude et notre unicité.

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