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De la réunion des contraires

17565e jour, par JC Sekinger

Aussi loin qu’il se souvienne, Z avait toujours voulu réunir — sans savoir comment — les faces opposés.

« Dans un premier temps, admettre qu’une chose est toujours vaguement globulaire et a toujours deux pôles opposés. Ça n’a pas l’air si important, mais si vous saviez, par exemple, le nombre de gens qui vivent dans l’attachement et préféreraient mourir que de se détacher ! Mourir bien sûr de cette mort qu’ils ne voient pas et repoussent dans l’inexistence. »

« Dans un deuxième temps, montrer que ces deux faces opposées n’en sont qu’une et que celle-ci n’est opposée à rien ».

« Mes parents, pour commencer, sont partis dos à dos quand j’étais minuscule et il m’aura fallu une trentaine d’années pour voir (c’est aussi mystérieux et insaisissable que ça) qu’ils ne sont pas séparés et que mon existence est la preuve vivante et mouvante de leur coexistence » Z avait le sourcil froncé et écrivait en hâte.

« Se rencontrer, se découvrir, s’aimer, hésiter puis partir, se séparer »

« L’Urphänomen d’apparition des couleurs — Goethe — est bien le signe de l’unique et impensable conciliation de la lumière et de l’obscurité. » Z aurait pu multiplier les exemples mais avait froid aux mains et mal dans le cou.

« L’Anneau de Möbius est un petit bricolage à mettre à portée des enfants car :

c’est un grand signe simple et clair
de la réunion des contraires. »

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