[ailleurslatete]

Accueil / Aperçus / « Dans mes rêves »

« Dans mes rêves »

17846e jour, par JC Sekinger

Kepler fut le premier scientifique à décrire la neige. Non comme des fleurs, de la laine ou des plumes, mais enfin comme le fruit de la complexité. La raison de la forme hexagonale régulière des flocons ne devait “pas être recherchée dans la matière, car la vapeur est informe”. Kepler suggéra donc un processus dynamique, par lequel les “globules” d’eau gelée se tassent méthodiquement de la façon la plus efficace. “Ce en quoi il était redevable au mathématicien anglais Thomas Harriot, navigateur des voyages de Walter Raleigh au Nouveau Monde en 1584-85”, rapporte l’historien des sciences Philippe Ball. Harriot avait conseillé Raleigh sur “la méthode la plus efficace pour empiler des boulets de canon sur le pont du bateau”, incitant le mathématicien à “théoriser sur les sphères serrées les une contre les autres”. L’hypothèse de Kepler, selon laquelle l’empilement hexagonal “est le plus serré possible, si bien qu’aucune autre disposition ne permettrait d’entasser autant d’éléments dans le même contenant”, ne fut prouvée qu’en 1998.
« Ce soir-là, la neige s’est même introduite dans mes rêves.

L’éternité dans une heure - Daniel Tammet - p.103-104 - Éd. Les Arènes


Logo et illustration : Wilson Alwyn Bentley - Snow crystals planche 142, page 161

, , , ,