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Aucun mot ne venait se poser

17905e jour, par JC Sekinger

En rentrant du magasin, un lourd sac de toile blanche au bout de chaque bras, je me suis arrêté, étonné, devant un jeune arbre. Je considérai l’immense emmêlement des impressions : évanescentes, indistinctes, s’éclairant et s’assombrissant lentement. Je me tenais devant ce jeune arbre, cherchant à deviner dans les chuchotements, à saisir des mots dans les pénombres et les scintillements, levant la tête vers les profondeurs du feuillage, la baissant vers la base du tronc entourée de hautes graminées, verticales et fragiles. Je regardai le banc derrière lui − d’ailleurs, comment pouvait-on s’asseoir ici et s’absenter : tous ces feux de circulation, ce bruit, ces immeubles ? N’était-ce pas juste un banc pour regarder longtemps l’arbre ? Mais pourquoi étais-je arrêté ? Qu’y-avait-il là ? Aucun mot ne venait se poser.

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