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Au bas du ventre clair

17050e jour, par JC Sekinger

Les arbres s’enracinent au ciel. D’abord un pinceau si léger à l’extrémité d’une branche, plus léger qu’un bourgeon, suit le cours de la source et les ruisseaux se joignent en torrents qui se mêlent en rivières, et — pinceau étalé — en fleuve unique dans le sombre, sans une vague, tout finit dans la mer. C’est ainsi que les arbres s’enracinent au ciel et coulent dans le plus grand d’eux-même.

Mais repartons du ciel, grand ventre traversé d’averses et d’avions. L’arbre s’y enracine et descend doucement au vivant de la terre : il s’émeut sur lui-même et se déploie dans la lave de l’ombre, dans le chemin vivant où le regard se perd. Ramures, au bord du ciel, en hiver, au bas du ventre clair.

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